Biographie de Jauran (Rodolphe DE REPENTIGNY)

Jauran, autoportrait, 1955

 

BIOGRAPHIE

Rodolphe de Repentigny est peintre, photographe, critique, théoricien de l’art. Il peint sous le pseudonyme de Jauran. Il étudie en mathématiques et en psychologie à l’Udem de 1947 à 1949 et en lettres et philosophie à la Sorbonne à Paris en 1950 et 1951. Il est critique d’art, notamment à La Presse de 1952 à 1959, à L’Autorité du peuple entre 1953 et 1955 et à Vie des Arts de 1956 à 1959. Il publie également sous le pseudonyme de François Bourgogne. Il est l’auteur du Manifeste des Plasticiens en 1955 et est cofondateur du mouvement. Il est également secrétaire fondateur de l’Association des Artistes Non Figuratifs de Montréal en 1956. Il cesse de peindre en 1956 pour explorer la photographie. Il est président de la section canadienne de l’Association internationale des critiques d’art en 1959.

Chef de file et théoricien du mouvement des premiers Plasticiens, Jauran a légué un substantiel corpus critique en art de plus de 1000 textes révélateurs de la portée et de l’ambition de son esthétique.

Comme peintre, Jauran est essentiellement autodidacte. Il cesse de peindre quand il part en Europe et s’y remet en 1953, une fois revenu à Montréal.

 

SUJETS / THÈMES

Jauran abandonne les évocations naturalistes vers 1954. Il entreprend alors de s’attaquer à la problématique des angles, souvent laissés vides par le sujet centré des compositions cubistes, Il apprend à les incorporer comme partie intégrante d’un motif d’ensemble composé de petits plans polygonaux qui se chevauchent et s’interpénètrent. Sa palette toujours sobre et sa prédilection pour les petites formes imbriquées confèrent à ses tableaux des airs du cubisme de l’École de Paris. Si son art puisent à des sources parisiennes, celles-ci s’approchent davantage du cubisme élaboré sur le tard par George Braque.

 

TECHNIQUE

Parfois, une couche de polygones irréguliers, souvent jaunes et verts vifs, flotte ou surgit devant un fond de noirs, gris, violets et bruns. Parfois, Jauran agence tous les éléments tel un casse-tête de géomètre, de sorte qu’il n’y a ni hiérarchie formelle, ni point focal ou direction dominante, ni effet de gravité, mais plutôt une répartition équilibrée de l’activité visuelle. Repentigny décrit ces compositions comme des « machines fonctionnelles », une allusion à l’harmonisation des formes et des couleurs sur une surface unifiée.

 

Source : Roald Nasgaard, Michel Martin, Les Plasticiens et les années 1950/60, Musée national des beaux-arts du Québec, Varley Art Gallery of Markham, 2013




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